Salut tout le monde !
Avant de vous montrer quelques rivets posés sur les flans de l’abri, je vous propose quelques infos sur le rivetage des tôles, tel qu’il était réalisé sur ce bâtiment.
Loin de moi l’idée de faire un cours magistral,
il s’agit plutôt d’expliquer pourquoi je ne me contente pas d’aligner bêtement des rivets !!!
Et il se trouve que cette partie du sous-marin est très intéressante car elle regroupe l’essentiel des modes de pose des rivets, pratiquées à cette époque.
Voici donc une autre photo du côté droit de l’abri, où l’on distingue nettement les deux bandes rivetées horizontalement, ainsi que les tôle basses qui forment une sorte de jupe sur le kiosque. On note aussi la taille du marquage RUBIS en relief.
Pour former une coque, ou les murailles de l’abri, on fixe des tôles sur des membrures en respectant des règles simples. Les membrures sont verticales et proches les unes des autres, 0,57m dans le cas présent. Les tôles sont disposées perpendiculairement aux membrures, c'est-à-dire que leur longueur est horizontale, et leur format permet de les fixer sur le plus grand nombre possible de membrures.
Dans le sens de la hauteur, elles sont juxtaposées, avec ou sans chevauchement, parallèlement jusqu’à recouvrir la totalité de la zone considérée.
C’est donc leur format qui va définir la position des membrures (ou l’inverse !) et des lignes de rivets qui vont être différentes suivant leur situation sur les tôles.
Voici le schéma du côté droit de l’abri de navigation avec les 4 différents modes de pose des rivets, visibles sur les photos.
J’ai matérialisé une tôle en la surlignant en jaune ; ses dimensions réelles sont d’1m de large par 2,28m de long et elle est concernée par 3 types de poses des rivets :
- Le type « A » concerne les fixations intermédiaires de la tôle sur les membrures ainsi que la fixation de la tôle guirlande disposée à l’intérieur de l’abri (voir plus haut au sujet de cette tôle). Les membrures sont des profilés ou des tôles épaisse pliées en « L » ou en « U ».
- Le type « B » concerne les extrémités de la tôle parallèles aux membrures ; la tôle suivante étant positionnée bord à bord avec la précédente, les deux bords sont fixés chacun par une ligne de rivets sur la même membrure qui a dans ce cas une forme en « T ». On a donc deux lignes de rivets parallèles et très proches.
- Le type « C » permet de lier deux tôles parallèlement à leur longueur ; leurs bords reposent sur la membrure et sont pincés par une tôle de recouvrement qui elle, est rivetée sur la membrure. Dans ce cas, la membrure a un profil en « L » ou en « U ».
- Enfin, le type « D » lie deux tôles en superposant leurs bords respectifs ; les rivets traversent les deux tôles et la membrure située dessous, ce qui assure en même temps résistance et étanchéité de l’assemblage.
Utilisé sans membrure, il permet par exemple, de fixer une tôle de protection, comme on le voit sur la photo suivante.
Sur cette vue, on distingue nettement le bord riveté de la tôle de recouvrement du kiosque.
Et maintenant, chose promise, chose due !!!
Voici la première bande de rivets posée côté gauche !!
Sous cet angle, on distingue bien le relief. Vous remarquerez la gravure des joints verticaux entre les tôles.
Pour la mise en place de la bande, un vieux réglet immobilisé sur la muraille a permit une pose bien droite !
L’emplacement a auparavant été tracé au crayon puis dégraissé à l’acétone.
Dans la foulée, la bande basse est posée… Cela meuble déjà un peut cette face !!
Bien entendu, l’autre face de l’abri est équipée de la même manière.
On passe ensuite au jeu de patience qui consiste à coller un à un les rivets en ligne, en respectant les règles énoncées précédemment !!!
Bien entendu, il a fallut d’abord « fabriquer » un stock de rivets, ce qui m’a occupé un après-midi complet pour la petite quantité visible dans la boite !!!
Là, il y a environ 2200 rivets !!! Je ne les ai pas compté, car cela aurait été fastidieux !! 
J’ai juste compté le nombre de trous sur une rangée d’une bandelette, multiplié par le nombre de rangées de trous par bandelette, multiplié ensuite par le nombre de bandelettes…
Le vieux réglet est à nouveau mis à contribution, car je ne me sens pas capable de réaliser une ligne droite sans guide !!!
Et c’est parti pour la pose !!! La pince brucelles est presque trop grosse pour saisir les rivets !! Mais le petit cutter est d’une aide précieuse pour plaquer les rivets dans la colle.
Comme pour la pose des bandes de recouvrement, le support a été dégraissé à l’acétone avant d’étaler la colle Cyano.
Un certain temps plus tard,
la ligne est complète.
Et, après retrait du réglet et des excédents de colle, on obtient ceci.
Maintenant, y a plus qu’à faire les lignes verticales !!!!!
A suivre, donc !!!
Cordialement de Jacky-Soum
