Bonsoir tout le monde !
Allez, une petite page pour m’occuper puisque mon doigt blessé ne me permet pas de bricoler !
Donc, pour commencer, voici la platine qui porte les servos à l’avant, que j’ai refaite en aluminium :

Comme l’utilité de ces trois minis servos est aussi de commander la pompe des auxiliaires, j’ai réalisé une platine qui supporte six micro-switch fournis par notre crémier préféré et que j’ai ramené de BOURGOIN !
Vue le manque de place, cela a été ardu de placer tous ce monde sans géner le passage des tuyaux, fixations et entretoises !
Trois vis M2,5 x 15 et trois entretoises réalisées dans du rond d’aluminium permettent de fixer la petite carte sur la platine
La platine mise en place, on remarque la présence d’un petit connecteur sur l’autre face…..
…Qui a son pendant branché sur deux fils qui traversent le bouchon en direction de la pompe.
Cette photo donne une autre idée de l’installation ; un accouplement est visible entre le palonnier de servo et la ligne d’arbre et on aperçoit à droite deux connecteurs…..
…Que l’on voit très bien sur cette vue !

Ces connecteurs sont issus d’une grosse prise industrielle ; ce sont en fait juste deux broches mâle qui traverse le bouchon, et deux broches femelle d’où partent deux fils vers la pompe, côté extérieur.
Bien entendu, elles seront protégées de la corrosion et des fuites électrique dans l’eau par des manchons souples en caoutchouc et un peut de graisse.
Et comme j’ai du tout démonter pour percer le passage de ces deux broches, j’en ai profiter pour créer de l’autre côté deux autres traversées du même genre ; elles permettront de brancher l’ILS chargé de détecter la fin de fermeture des portes des TLT.
A gauche, on distingue les deux broches mâles traversantes sur les quelles sont emboîtées les broches femelle

Côté intérieur, les fils sont raccordés et installés, car il est inutile d’attendre plus longtemps pour vérifier la faisabilité !!!
Les fils sont regroupés dans un petit tube PVC fendu sur sa longueur ; ainsi, on peut facilement retirer les fils en cas de démontage

Ce tube est simplement « clipé » dans des encoches réalisées en périphérie des platines ; cela tient très bien en place, tout en étant facile à démonter !
Passons maintenant à l’étanchéification de la pompe des auxiliaires !
Là, il y a des oreilles qui se dressent, car c’est un sujet ardu auquel certain d’entre nous se sont déjà frottés.
Comme je disais récemment à Pierre, j’applique l’adage d’un ancien collègue électricien qui disait souvent au sujet des armoire électrique :
« Si tu veux que cela soit étanche, fait un trou ! »
A première vue, cela semble aberrant, mais en réalité, c’est bien pensé, car il faut comprendre
« si tu ne veux pas avoir de problèmes de déformation, d’entrée d’eau ou de condensation dans ton armoire, il faut lui ménager une aération. »
Et c’est ce qui est généralement appliqué aux armoires électrique installées en extérieur : elle comporte au moins une ouïe d’aération judicieusement disposée.
Et elle ne sont pas les seules, puisque les pompes que nous utilisons possèdent elles aussi un orifice de communication entre l’intérieur du moteur et le monde extérieur !
Sur la pompe KAVAN, cet orifice est caché par le support de fixation ; de forme rectangulaire, il est bien visible ici, à gauche sur la face de la pompe !

La question qui vient à l’esprit est
« à quoi ça sert ??? »
Pour comprendre, il suffit de se souvenir de ses cours de physique !
L’air se dilate plus ou moins en fonction de sa température ; plus il chauffe, plus il occupe du volume.
A contrario, lorsqu’il se refroidit, il se contracte, occupant alors moins de volume.
Que se passe-t-il dans un volume fermé et étanche ? Lorsque l’air contenu dans ce volume s’échauffe, (le corps de moteur de pompe par exemple), il se dilate et, comme il est renfermé, il ne peut occuper un volume, plus grand ; on assiste à une montée de la pression de cet air emprisonné !
Dans le cas de la pompe,
sans l’orifice de « respiration », appelons le comme cela, lorsque le moteur tourne un moment, il chauffe, parfois assez vite si on le fait vraiment bosser, et l’air emprisonné monte en pression et cherche à s’échapper.
Et il finit par trouver un passage :
au niveau du joint à lèvre de l’axe !
Ce joint est disposé lèvre serrée du côté de la pompe, de façon à empêcher l’eau de passer dans le moteur et plus la pression de l’eau est élevée, plus la lèvre se resserre.
A l’inverse, côté moteur, l’air sous pression n’a pas grande peine à s’infiltrer entre l’axe et la lèvre ; il s’échappe et la pression baisse.
Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas bon !!!
Car, lorsque la température retombe, l’air se rétracte, faisant passer la pression en valeur négative, puisque le volume d’air final est inférieur au volume initial, à température égale !!!
On a créé une pompe à vide !!
Et je peux vous garantir que le pouvoir de sucions de l’air qui se rétracte est impressionnant sur des petits volumes !
J’en veux pour preuve l’expérience vécue avec mes torpilles : au début, elles finissaient systématiquement au fond, avec de l’eau à l’intérieur.
J’avais beau renforcer l’étanchéité, graisser, serrer, rien n’y faisait !!!
Lorsque j’ai compris le phénomène, j’ai entrepris de faire séjourner mes
torpilles ouvertes dans de l’eau glacée avant de les charger dans le sous-marin et les tirer dans l’étang ou la piscine d’évolution.
Car, lorsque l’air ambiant sur l’expo atteint facilement 30°C, l’eau peut très bien ne pas dépasser 15°C ; si on plonge directement les torpilles dans cette eau, l’air emprisonné passe rapidement de 30°C à 15°C et se rétracte violemment et ça aspire dur ! L’eau rentre pour remplir le volume d’air manquant et les torpillent filent droit au fond !
En les passant dans l’eau glacée avant,
entre ouverte, bien sur, la température de l’air à l’intérieur va descendre bien en dessous des 30°C,
idéalement en dessous des 15°C de l’eau où elles vont évoluer.
En conséquence, lors du tir, l’air à l’intérieur de la torpille est plus froid que l’eau qui l’entoure et il se réchauffe, donc se dilate et, donc, tend à s’échapper, empêchant l’eau de rentrer !
CQFD !!!
Revenons maintenant à notre pompe. Dans de telles conditions, lors du refroidissement de la pompe, l’air va chercher à reprendre sa place à l’intérieur et, à la longue, il y arrive en détériorant le joint à lèvre !
Et quand le joint est détérioré, la première baisse de température de la pompe en présence d’eau à l’extérieur fait immanquablement rentrer cette eau dans le moteur !
Lorsque Pierre va lire ces lignes, il va comprendre pourquoi la pompe KAVAN rendue étanche qui équipe le HUNLEY à Gérard s’est rapidement trouvée bloquée par la rouille !
Pour éviter cela, le maître mot est « équipression » entre l’intérieur de la pompe et le milieu extérieur, que se soit de l’eau ou de l’air !
Comment y parvenir ?
En faisant ceci !

Le morceau de durit silicone au premier plan est de diamètre 10mm, mais de faible épaisseur, donc très souple ; il va pouvoir se gonfler lorsque la pression de l’air à l’intérieur va monter et se ratatiner lorsque cette pression va baisser en présence d’un milieu très froid, permettant de toujours conserver le même volume d’air emprisonné.
Et, lorsque le sous-marin va plonger, l’eau va exercer sur cette durit une pression qui va se répercuter sur l’air à l’intérieur du moteur, jusqu’à égalité de pression entre les deux milieux.
L’eau n’a alors aucune raison de pénétrer dans le moteur, ni l’air de s’échapper vers l’extérieur !
Et je pense que Pierre pourrait s’inspirer de ce système pour les pods moteurs de son SEAVIEW qui ont rouillé en un rien de temps comme il me l’expliquait lui-même l’autre jour à BOURGOIN !
L’orifice d’origine n’a pas été bouché, mais équipé d’un petit tube en laiton soigneusement collé au corps de pompe…..
…..Et le corps de pompe a été étanché à la colle à chaud ; les connections d’origine ont été supprimées et remplacées par deux fils branchés directement à l’intérieur du moteur.
La pompe réinstallée dans l’avant du sous-marin, prête pour le service !
Cette installation me rapproche de la première mise à l’eau pour les tests de pesée et d’étanchéité !
Mais j’ai encore du boulot avant la première mise à l’eau opérationnelle !
En attendant, bonne lecture à tous !
Cordialement de jacky-Soum
